Paris: Odile Jacob; 2004. 352 Seiten. € 22.50, ISBN 2-7381-1360-5
A sa manière toujours personnelle et originale, Jean Cottraux publie un nouvel ouvrage sur la psychiatrie et la psychothérapie: «La vie est un voyage à la recherche de soi. Dans ce voyage, le passé ressemble à un bagage oublié à la consigne que l’on nous rapporte et que nous ne reconnaissons pas. Quelle est cette part de nous-mêmes que nous avions laissée en chemin? Dans ce voyage, aussi, il y a la rencontre, plus ou moins prolongée, avec un «psy», un visiteur du soi, qui offre un écho et un miroir à la souffrance du voyageur.» Ainsi commence l’introduction d’un ouvrage passionnant qui traite à la fois de ce phénomène de société que représente la multiplication des formes de psychothérapie, de l’omniprésence des «psy», mais aussi de recherche de soi avec ou sans «psy».
Cet ouvrage, divisé en trois parties, traite tour à tour de la nécessité de «partir à la recherche de soi», puis du «psy» et son double mythique, occasion pour l’auteur de nous parler de sa passion pour le cinéma, de l’histoire de la mythologie et de la psychothérapie et enfin, la troisième partie peut être considérée comme le «banc d’essai» des psychothérapies. Ce dernier chapitre représente une véritable somme qui s’ouvre par ce que Cottraux appelle «le fardeau de la preuve». Il passe en revue aussi bien la psychanalyse et les thérapies psychanalytiques brèves que les thérapies comportementales et cognitives, la thérapie interpersonnelle ou la thérapie humaniste.
Jean Cottraux souligne que «les psy ne sont ni toujours nécessaires, ni réellement suffisants. Souvent leur sont posées des questions qui n’ont rien à voir avec leur pratique, somme toute assez modeste». Ou encore: «Vouloir régler tous les problèmes humains à coup de pilules ou de thérapies a fait de la psychiatrie un ersatz destiné à combler les vides éducationnels, éthiques et culturels de notre société post-industrielle. Est-ce vraiment son rôle? La psychothérapie n’est pas la voie menant à la vérité, c’est un ensemble de méthodes permettant de choisir plus librement son chemin» (p. 266).
Abordant la question du traitement psychologique validé (TPV), l’auteur estime que «la recherche des composantes actives et communes aux thérapies d’efficacité démontrée pourrait permettre, un jour, le dépassement des antagonismes stériles entre écoles. Une fois ces composantes isolées et définies et les processus mieux explorés pour chacun des problèmes psychologiques, on ne parlerait plus de telle ou telle ‹marque› de psychothérapie, mais de ‹traitement psychologique validé›, mais peut-être est-ce un vœu pieu qui ne tient pas compte de la nature idéologique des conflits humains qui, transformés en guerres de religion, conduisent à nier, rejeter et, enfin, différer l’application des solutions scientifiquement fondées».
En conclusion, un ouvrage passionnant que l’on ne saurait trop recommander, posant de bonnes questions et s’interrogeant sur l’évolution de la société et sur nos pratiques.
F. Ferrero, Genève
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