La fondation d’une revue neurologique propre
Le premier numéro des
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie parut en 1917 aux éditions Orell Füssli (
Figure 1), à l’initiative de Constantin von Monakow (1853–1930), qui proposa de fonder une revue spécialisée suisse de neurologie indépendante devant le comité de la Société suisse de neurologie (SSN), le 12 novembre 1916 à Neuchâtel. La Société suisse de neurologie avait ellemême été fondée en 1908 à Olten [
1].
C. v. Monakow (
Figure 2) naquit en Russie en 1853 dans la région de Vologda et vint à Zurich en 1866 (après 3 ans de séjour intermédiaire en Allemagne) [
2]. Pendant ses études de médecine déjà, il se mit en contact personnel avec des psychiatres et des neuro-anatomistes de renom à l’époque et fut pendant un an assistant chez E. Hitzig (1838–1907), le directeur du centre de soins psychiatriques Burghölzli. Les rencontres avec W. Griesinger (1817– 1875) et son ouvrage
«Gehirnpsychiatrie», ainsi qu’avec B. Gudden (1824–1866) et son fameux microtome, furent aussi d’une importance décisive. C. v. Monakow établit le fondement de ses travaux sur la neuropathologie, la neurophysiologie et la neuro-anatomie, durant son assistanat de plusieurs années (1878–1885) à St. Pirminsberg, établissement isolé du canton de St-Gall [
3,
4]. Avec ses œuvres monumentales
Gehirnpathologie (1897) et
Die Lokalisation im Grosshirn und der Abbau der Funktion durch kortikale Herde (1914), C. v. Monakow obtint une renommée mondiale. Zurich, où il enseignait depuis 1894 en tant qu’Extraordinarius (première chaire d’enseignement de la neurologie en Suisse), devint le symbole dans le monde de ce qu’on appela la
«neurobiologische Zürcher Schule» ou la
«Monakowsche klinisch-anatomische Richtung» [
5,
6,
7,
8].
Entre 1905 et 1916 déjà furent édités – également sous la rédaction de C. v. Monakow) – les
Arbeiten aus dem Hirnanatomischen Institut in Zürich, il est vrai chez un éditeur étranger (I. F. Bergmann à Wiesbaden); de 1909 à 1910, sa fameuse monographie sur le noyau rouge, la calotte et la région sous-thalamique y fut également publiée [
9,
10,
11].Après 10 numéros, les parutions furent interrompues – une conséquence de la première guerre mondiale. C. v. Monakow poussait à la fondation rapide d’une nouvelle revue, également pour d’autres raisons. Les travaux suisses étaient en effet autrefois principalement publiés dans les pays étrangers proches, en Allemagne ou en France, selon la langue de l’article. C. v. Monakow se plaignait qu’en Suisse alémanique, travaux issus de la Suisse romande n’étaient presque pas perçus, et vice-versa
(«… nous ne nous rencontrons et ne faisons première connaissance qu’au moyen de la presse étrangère») ([
1], p. 3). Par ailleurs, dans l’Europe mutilée par la guerre et livrée aux nationalismes exacerbés, la parution de publications suisses à l’étranger devenait de plus en plus difficile [
10].
Le besoin d’un organe national indépendant et fédérateur augmenta encore à la faveur du regard porté sur d’autres pays européens où, au cours du dernier quart du XIXe siècle, plusieurs revues de neurologie avaient vu le jour. En Allemagne par exemple, entre 1868 et 1882, pas moins de trois nouvelles revues renommées furent fondées (
Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiten, Centralblatt für Nervenheilkunde et
Neurologisches Centralblatt). Il en alla de même en France où, sous la rédaction de J. M. Charcot (1825–1893), les revues
Archives de Neurologie et
Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière furent publiées en 1880, respectivement 1888 et où naquit
La Revue neurologique en 1893. Le
Brain anglais existait depuis 1878 [
12].
La fondation des Archives suisses de neurologie et de psychiatrie marqua une étape dans la neurologie suisse: grâce à elles, la neurologie obtint un succès considérable dans la lutte pour sa reconnaissance officielle en tant que discipline indépendante.
Les Archives suisses furent ainsi une source de satisfaction pour C. v. Monakow, qui luttait depuis des décennies contre une forte résistance pour la libération de la neurologie de l’aile de la médecine interne et de la psychiatrie.
M. Minkowski (1884–1972) fut l’un des premiers assistants au Zürcher Hirnanatomischen Institut sous C. v. Monakow et lui succéda comme directeur de la Clinique universitaire de neurologie (1928). Il lui rendit hommage au
«véritable pionnier de l’indépendance de la neurologie en tant que discipline médicale» dans son publication à l’occasion du cinquantenaire de la SSN en 1958 ([
10], p. 5).
Comme leur nom l’indique, les
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie n’étaient pas seulement l’organe officiel de la SSN, mais aussi de l’Association suisse des médecins psychiatres. La revue reflétait un rapprochement entre les deux disciplines, auparavant en profond désaccord, notamment aussi pour cause de différends personnels entre C. v. Monakow et A. Forel (1848–1931). Ce dernier avait été très sceptique face à la fondation de la SSN et disait d’elle qu’elle était
«une concurrente complètement superflue de notre Association des médecins psychiatres» ([
13], p. 70).
Dans les autres villes universitaires de Suisse (Bâle, Berne, Genève et Lausanne), la place de la neurologie n’était pas non plus satisfaisante [
9,
14]. A Berne par exemple, l’interniste renommé H. Sahli (1856–1933) s’opposa avec véhémence à l’indépendance de la neurologie, son grand intérêt pour les maladies neurologiques jouant sans doute un rôle non négligeable dans cette attitude [
10]. A Bâle, la neurologie fut longtemps présente sous la seule forme d’une consultation au sein de la policlinique médicale. Aux hôpitaux universitaires de Lausanne et Genève, ce n’est qu’au cours de la seconde moitié du XX
e siècle que la neurologie obtint sa propre Division [
9,
15,
16].
Selon C. v. Monakow les articles publiés dans les Archives suisses devaient: (1) principalement provenir de Suisse, mais aussi prendre si possible en considération des contributions étrangères; (2) être consacrés aux domaines de l’anatomie, de la physiologie, de l’anatomie pathologique et de la clinique du système nerveux ainsi que de la psychiatrie; et (3) être rédigés dans les trois langues nationales. Les protocoles des rapports de séance de la SSN et de l’Association suisse des médecins psychiatres, ainsi que les résumés des exposés des sessions devaient aussi faire régulièrement partie du contenu de la revue. Les propositions de C. v. Monakow furent adoptées à l’unanimité, y compris les décisions de contributions financières annuelles (600 francs pour la SSN et 400 francs pour l’Association des psychiatres). Le trésorier attira l’attention sur la charge supplémentaire pour la caisse, sur quoi fut décidée une contribution extraordinaire de 4 francs par membre.
C. v. Monakow ne fut pas seulement le fondateur, mais fut aussi le premier rédacteur en chef des
Archives suisses. P. Dubois de Berne (psychothérapeute et neuropathologiste), R. Weber de Genève (psychiatre), B. Manzoni de Mendrisio (psychiatre, directeur de 1906 à 1944 de l’actuelle Clinica Psichiatrica Cantonale de Mendrisio [
17]) et H. W. Maier de Zurich (psychiatre) faisaient également partie de l’équipe de rédaction. De nombreux médecins suisses connus apportèrent leurs contributions, parmi eux entre autres E. Bleuler (psychiatre), R. Brun (neurologue), E. Claparède (psychologue), M. Egger (neurologue), Ch. Ladame (psychiatre), P. Ladame (neurologue), E. Long (neurologue), Ch. de Montet (neurologue), F. de Quervain (chirurgien), H. Sahli (interniste), A. Ulrich (épileptologue) et T. Kocher (1841–1917), qui mourut l’année de fondation.
Il convient de rappeler ici que T. Kocher, titulaire du prix Nobel, n’avait pas seulement apporté une contribution de pionnier à la chirurgie de la thyroïde, mais qu’il s’était également voué avec le plus grand intérêt à la neurologie. Il fut ainsi l’un des premiers (avant Henry Head, 1861–1940) à créer un tableau complet des dermatomes humains [
18,
19]. Kocher fait aussi partie des pionniers de la neurochirurgie. Harvey Cushing (1869–1939), de Baltimore, fut un des ses nombreux élèves et se trouvait en 1900/1901 à Berne en formation postgraduée. Il y rédigea un travail sur la pression intracrânienne [
20].
Les premières années jusqu’à la mort de C. v. Monakow en 1930
Le premier article du premier numéro fut écrit par P. Dubois (1848–1918) [
«Somatogène ou psychogène?», 1917;1:8–18]. Ce devait rester la seule contribution de P. Dubois, qui mourut une année après la fondation des
Archives suisses. P. Dubois, en tant que psychothérapeute, fut connu bien au-delà de nos frontières et influença entre autres aussi J. J. Dejerine (1849–1917), avec lequel il était d’ailleurs lié d’amitié depuis la jeunesse. Son succès fut tel qu’un flot de patients venaient de toute l’Europe chez lui à Berne. Son patient le plus renommé ne fut pas moins que le romancier M. Proust (1871–1922). Dès 1902, P. Dubois fut de plus professeur extraordinaire de neuropathologie [
21,
22].
La première guerre mondiale, qui avait indirectement contribué à la fondation des
Archives suisses, marqua aussi de son retentissement le contenu des premières années. En dépit de la neutralité de la Suisse dans les deux guerres mondiales, de nombreux médecins suisses furent en contact direct avec les conséquences médicales de la guerre, que ce soit par leur engagement dans les différents centres de médecine militaire des nations en guerre ou par le traitement des victimes de la guerre transférées dans les hôpitaux suisses. De nombreuses publications dans les
Archives suisses ainsi que des exposés aux réunions de la SSN étaient aussi consacrées aux problèmes de la neurologie et de la psychiatrie de guerre. L’institution suisse la plus renommée en la matière était l’Institut sanitaire de l’armée à Lucerne, qui avait aussi une division autonome de neurologie (tout au contraire de toutes les cliniques universitaires suisses!). O. Veraguth et H. Brun, deux collaborateurs de C. v. Monakow de Zurich, rapportèrent les méthodes de topographie craniocérébrale chez les traumatisés du crâne à Zurich, les examens systématiques de motricité et sensibilité dans les lésions nerveuses périphériques ainsi que le diagnostic et le traitement des blessures par balle de la colonne vertébrale [1918;2:160–7]. Le neurologue bâlois R. Bing, co-fondateur de la SSN en 1908 avec C. v. Monakow et P. Dubois [
23], discuta dans son travail
«‹Akrodystonie› als Folgezustand von Kriegsverletzungen der oberen Extremitäten», de deux cas de contracture traumatique particulière de la main qui, selon lui, ne correspondaient à aucun type de paralysie classique (paralysie radiale, cubitale, du nerf médian) ni à aucune de leurs formes mixtes et reposaient pathogéniquement sur un «trouble de l’équilibre du tonus» [1918;2:40–7]. L. Schnyder, qui fut président de la SSN de 1924 à 1927, rédigea un plus long travail intitulé
«La question des troubles nerveux fonctionnels de la guerre» [1918;2:116–29] et E. Long, de Genève, qui devait plus tard succéder à L. Schnyder, écrivit sur
«Les plaies des nerfs dans les blessures de guerre»[1918;2:130–42].
Les horreurs de la guerre amenèrent C. v. Monakow à une nouvelle orientation fondamentale de ses activités scientifiques. Les études anatomiques du cerveau et neurologiques passèrent à l’arrièreplan, car
«… le temps de la funeste guerre tourne à nouveau et avec force l’attention du neurologue sur les problèmes généraux éternels de la vie et spécialement sur l’âme humaine, avec la misère et la peine de laquelle il a si fort à faire» ([
10], p. 30). Jusqu’à sa mort en 1930, ce furent désormais de plus en plus des questions éthiques, philosophiques et aussi religieuses qui se trouvèrent au centre de ses intérêts, et il s’efforça d’aborder ces thèmes dans une perspective scientifique et neurobiologique [
24,
25,
26]. Depuis la fondation des
Archives suisses, ses contributions furent omniprésentes et surpassèrent en nombre toutes les autres. Pour les seules
Archives suisses, il rédigea 20 travaux de 1917 jusqu’à sa mort, travaux d’un contenu souvent considérable s’étendant sur deux volumes. La nouvelle direction de ses intérêts se dévoile déjà nettement par les choix de titres:
«Versuch einer Biologie der Instinktwelt» (1921, 1922),
«Betrachtungen über Gefühl und Sprache» (1922),
«Grundlagen der biologischen Psychiatrie» (1925),
«Die Syneidesis, das biologische Gewissen» (1927),
«Recht, Verbrechen und Zurechnungsfähigkeit in biologischer Beleuchtung» (1928),
«Wahrheit, Irrtum und Lüge (Menschliches und Biologisches)» (1930),
«Religion und Nervensystem (Biologische Betrachtungen)» (1930).
Le 13
e volume (1923) des
Archives suisses est sans doute un des plus beaux et des plus précieux. Sous la direction de O. Veraguth, M. Minkowski et R. Brun, fut publié à l’occasion du 70e anniversaire de C. v. Monakow un hommage qui réunissait, sur plus de 700 pages, 52 articles de neurologie, d’anatomie du cerveau et de physiologie sous la plume non seulement de neurologues suisses réputés, mais aussi de personnalités internationales de renom. Presque tous les articles avaient un rapport plus ou moins direct avec l’œuvre de C. v. Monakow. O. Veraguth, par exemple, rédigea un travail sous le titre
«Die Lehre von der Diaschisis», P. v. Monakow (son fils) écrivit
«Urämie und Plexus choroidei», R. Bing
«Das ‹Zahnrad-Phänomen› und die antagonistische Innervation» et R. Brun (chercheur réputé sur les fourmis et le premier assistant de C. v. Monakow [
27])
«Vergleichende Untersuchungen über Insektengehirne, mit besonderer Berücksichtigung der pilzhutförmigen Körper (Corpora pedunculata Dujardini)».
Sont aussi représentés E. Bleuler («Halluzinationen und Schaltschwäche»), ainsi que E. Claparède de Genève («Quelques remarques sur le Subconscient»). La plupart des articles provenaient cependant de l’étranger, nous ne mentionnerons ici que les auteurs les plus renommés: W. M. Bechterew de St-Pétersbourg («Studium der Funktion der Präfrontal- und anderer Gebiete der Hirnrinde vermittelst der assoziativ-motorischen Reflexe»),S. Ramon y Cajal de Madrid («Quelques méthodes simples pour la coloration de la névroglie»), E. Flatau (Varsovie), S. Goldflam (Varsovie), K. Goldstein (Francfort-sur-le-Main), H. Head (Londres), R. Magnus et G. G. J. Rademaker (Utrecht), O. Marburg (Vienne), P. Marie et H. Bouttier de Paris («Sur un cas de Planotopokinésie»), G. Mingazzini (Rome), I. P. Pawlow de St-Pétersbourg («Die Charakteristik der Rindenmasse der Grosshirnhemisphären vom Standpunkt der Erregbarkeitsveränderungen ihrer einzelnen Punkte»), C. Winkler (Utrecht) et d’autres.
Il n’est pas possible ici de rendre compte de l’abondance de tous les travaux importants et de leurs auteurs publiés dans les
Archives suisses. Cependant, nous mentionnons ci-dessous au moins quelques travaux particulièrement intéressants parus dans les premières années des
Archives suisses. F. Naville (1883–1968) de Genève publia en 1917 le travail
«Etude anatomique du névraxe dans un cas d’Idiotie familiale amaurotique de Sachs» [1917;1:286–313]; il y présenta le premier cas d’une maladie de Tay-Sachs probablement observé en Suisse (chez une famille juive de Pologne). F. Naville, qui s’était formé entre autres chez J. J. Dejerine à Paris, fut président de la SSN de 1930 à 1933 et fit partie de la rédaction des
Archives suisses [
28] dès le début et jusqu’à sa mort. En 1925, il fut nommé professeur de médecine légale. Dans cette fonction, il participa d’ailleurs en 1943 – sur le désir du consulat général allemand – à la commission internationale d’experts à l’examen des victimes polonaises de Katyn [
29].
Les discussions sur le phénomène de l’aphasie étaient d’actualité et les
Archives suisses contiennent de nombreuses contributions de neurologues réputés. A. Pick (1851–1924), de Prague, écrivit par exemple sur
«Sprachpsychologische und andere Studien zur Aphasielehre» [1923;2(1):105–35/2(2): 179–200], où il s’intéressa particulièrement à l’influence de l’aphasie sur la pensée. Deux travaux sur l’aphasie provenaient de Rome, de G. Mingazzini (1859–1929):
«Contributo clinico ed anatomopatologico allo studio delle afasie musicali et transcorticali» [1918;3:210–33] ainsi que
«Weitere klinische und pathologisch-anatomische Beiträge zum Studium der Aphasien» [1923;13:447–57]. Le travail de M. Minkowski:
«Klinischer Beitrag zur Aphasie bei Polyglotten, speziell im Hinblick auf das Schweizerdeutsche» [1927;21:43–72] fut particulièrement connu; il traitait d’un Suisse alémanique atteint d’aphasie totale par suite de traumatisme craniocérébral qui, après un certain temps, commença contre toute attente à parler d’abord le bon allemand et seulement nettement plus tard le dialecte, qu’il avait auparavant nettement préféré. Mentionnons aussi le travail de H. Head (1861–1940):
«A case of acute verbal aphasia followed through the various stages of recovery» [1923;13:313–24], dans lequel il discute l’évolution détaillée dans le temps d’un cas d’aphasie post-opératoire à la lumière de la théorie de la diaschisis de Monakow. Les contributions de K. Goldstein (1878–1965) sont d’une importance particulière dans la recherche sur l’aphasie. K. Goldstein appartenait à une lignée de neurologues réputés qui durent fuir d’Allemagne en 1930 et trouvèrent asile en Suisse. Pendant cette période, K. Goldstein participa activement aux réunions de la SSN et fut plus tard un des théoriciens scientifiques et médecins américains les plus en vue [
10,
30,
31,
32]. En 1926, son travail
«Über Aphasie» [1926;19:3–38] parut dans les
Archives suisses et en 1934
«Kritisches und Tatsächliches zu einigen Grundfragen der Psychopathologie, im Besonderen zum Aphasieproblem» [1934; 34(1):69–93/34(2):230–43].
C’est un mérite particulier des
Archives suisses d’avoir toujours rendu accessibles aux lecteurs de l’Europe occidentale d’importants travaux neurologiques de pointe provenant d’Europe de l’Est et de Russie. Ainsi, on trouve par exemple dans les
Archives suisses le travail
«Frühkontraktur und Abwehrreflexe bei Cerebralparalysen» de S. N. Dawidenkow (1880–1961) [1928;23:308–13/1929; 24:105–33]. S. N. Dawidenkow, un pionnier dans le domaine de la neurogénétique, faisait partie des neurologues russes les plus importants du XXe siècle [
33].A l’Ouest, il a été presque exclusivement connu par ses travaux sur l’amyotrophie scapulopéronéale [
34,
35]. Il a étudié le phénomène des
«crises toniques» (de Nothnagel 1868, dénommé à l’origine «convulsions» [
36]) qu’il n’est pas rare d’observer à la phase aiguë d’accidents cérébrovasculaires dans les parties du corps paralysées. S. N. Dawindenkow utilisa pour cela le terme de
«hormétonie» (du grec o̔ρµή = accès et τóνoς = tension). La notion
«hormétonie de Dawidenkow» s’est imposée jusqu’à aujourd’hui en Russie, où S. N. Dawidenkow avait publié de nombreux travaux sur ce sujet, mais sans avoir trouvé des entrées dans la littérature neurologique mondiale [
37,
38,
39]. L’article cité est aussi d’un intérêt particulier, car il présente le travail non russe le plus complet de S. N. Dawidenkow sur ce thème.
Contributions de disciplines médicales voisines
Comme C. v. Monakow l’avait souhaité à l’origine, les
Archives suisses publièrent régulièrement des travaux de disciplines médicales voisines. Ainsi par exemple le physiologiste zurichois et plus tard prix Nobel W. R. Hess (1881–1973) publia quelques-unes de ses études dans les
Archives suisses [
40,
41,
42]. Citons en exemple les travaux suivants:
«Zur Physiologie der Vasomotoren» [1924;14:20–9] et
«Vegetatives Nervensystem. Fragen der Organisation, der Begriffe und Bezeichnungen» [1943;50: 88–92].
G. Fanconi (1892–1979), médecin chef du Kinderspital de Zurich de 1929 à 1962 décrivit le premier la mucoviscidose et d’autres maladies (p.ex. l’anémie de Fanconi) [
43]. On lui doit un travail sur la poliomyélite (
«Beiträge zur Klinik, Epidemiologie und Differentialdiagnose der Poliomyelitis», [1944;53:169–86]). G. Fanconi, qui, avec H. Zellweger et A. Botsztejn, publia en 1949 le livre
Die Poliomyelitis und ihre Grenzgebiete, donna dans cet article un aperçu sur les aspects épidémiologiques et cliniques de cette maladie, où il rappelle à la fin la sévère épidémie de poliomyélite qui toucha la ville de Zurich en septembre 1941 et dont la subite éclosion amena G. Fanconi à faire des recherches sur la possibilité d’un rapport avec la météorologie.
Dans le domaine de l’anatomie, citons un article du jeune G. Töndury (1906–1985). Celui-ci, qui fut pendant plus de trois décennies à la tête de l’Institut d’anatomie de l’Université de Zurich, fut connu sur le plan international par ses travaux sur les embryopathies et les fœtopathies [
44]. Une contribution précoce sur le sujet fut publiée dans les
Archives suisses en 1939 (
«Normale und abwegige Entwicklung des zentralen Nervensystems im Lichte neuerer Amphibienexperimente», [1939;43: 360–80]).
Dans le même numéro se trouve d’ailleurs un travail de R. Levi-Montalcini, qui découvrit en 1952 le
nerve growth factor (NGF) et qui obtint pour cela en 1986 le Prix Nobel de médecine et de physiologie [
45,
46,
47,
48,
49]. Elle s’occupait déjà de recherche sur le cancer et conduisit des expériences avec des embryons de poulet (F. Visintini, R. Levi-Montalcini:
«Relazione tra differenziazione strutturale e funzione dei centri e delle vie nervose nell’embrione di pollo», [1939;43:381–93 et 44:119–50]).
Finalement, il y eut dans les Archives suisses de nombreuses contributions de neurochirurgie (H. Krayenbühl, M. G.Yas¸ argil), sur lesquelles nous reviendrons en détail plus loin.
De nouveaux rédacteurs: R. Bing et M. Minkowski
Après le décès de C. v. Monakow, R. Bing et M. Minkowski reprirent la rédaction de la partie neurologique des Archives suisses de neurologie et de psychiatrie. Leur importance pour la revue et la neurologie suisse en général fut si grande pendant plusieurs décennies qu’il convient de les présenter rapidement ici.
Robert Bing (
Figure 3) naquit en 1878 à Strasbourg et grandit à Bâle. Neurologue clinicien et auteur de nombreux excellents livres d’enseignement traduits en six à sept langues, Robert Bing acquit une célébrité mondiale. Ses maîtres furent le neurophysiologiste H. Munk (1839–1912) à Berlin, l’anatomo-neurologiste L. Edinger (1855–1918) à Francfort-sur-le-Main, le neurochirurgien V. Horsley (1857–1916) à Londres, ainsi que les neurologues français réputés J. J. Dejerine (1849–1917) et J. Babinski (1857–1932). En 1907, il obtint son habilitation avec un travail sur les voies spino-cérébelleuses; en 1918, il fut nommé professeur extraordinaire et en 1932 professeur ordinaire de neurologie à Bâle (le premier ordinariat de neurologie d’une université suisse) [
50,
51].
Dans un de ses premiers travaux publiés dans les
Archives suisses, il traita de manière détaillée des diverses possibilités de déclenchement du réflexe de Babinski [1918;3:89–94]. Il avait déjà auparavant décrit ce qu’il appela le réflexe talocrural paradoxal; celui-ci porte son nom (flexion du pied passivement dorsalisé après percussion du dos du pied à la hauteur du cou-de-pied) [
52]. Bon nombre de ses articles dans les
Archives suisses sont dédiés au domaine frontière de la neuroophtalmologie; ceux-ci ont finalement été introduits dans son célèbre livre
Gehirn und Auge (publié avec l’ophtalmologue R. Brückner). Mais son œuvre la plus connue est le
Kompendium der topischen Gehirn- und Rückenmarksdiagnostik, qui fut réédité un nombre incalculable de fois et qui est considéré comme l’œuvre qui succéda au classique manuel de neurologie de Oppenheim. R. Bing fut rédacteur des
Archives suisses jusqu’en 1951 et resta lié à la revue jusqu’à sa mort en 1956, en tant que co-éditeur.
Mieczyslaw Minkowski (
Figure 4) naquit en 1884 à Varsovie. Il était issu d’une famille très douée à laquelle appartinrent entre autres le mathématicien H. Minkowski (1864–1909), le maître de A. Einstein, et O. Minkowski (1858–1931), qui découvrit le rapport entre le diabète sucré et la fonction pancréatique [
53,
54,
55]. M. Minkowski fit son doctorat auprès de A. Strümpell (1853–1925) et reçut une formation complète chez I. P. Pawlow (1849–1936) à St-Pétersbourg, chez A.Alzheimer (1864–1915) à Munich, ainsi que chez M. Rothmann (1868–1915) et T. Ziehen (1862–1950) à Berlin. Il obtint son habilitation en 1913 sous C. v. Monakow et en 1928 il lui succéda comme directeur de la Policlinique de neurologie. M. Minkowski – tout comme R. Bing – fit dès le début partie des éditeurs des
Archives suisses, et contribua grandement à leur niveau pendant plus d’un demi-siècle (1930–1960 comme rédacteur). Il rendit notamment possible l’échange scientifique animé entre la neurologie suisse et étrangère. Sa dernière contribution date de l’année 1969 [103:93–106].
En 1920, son importante œuvre
«Über den Verlauf, die Endigung und die zentrale Repräsentation von gekreuzten und ungekreuzten Sehnervenfasern bei einigen Säugetieren und beim Menschen» fut publiée dans les Archives suisses [1920;6:201–52/ 1920;7:268–303]. M. Minkowski, qui s’était déjà intéressé au système optique dans son travail d’habilitation, examinait dans cet ouvrage les effets de l’énucléation d’un œil sur les centres visuels suivants, et en particulier
«die Endverteilung der aus beiden Augen stammenden, d.h. gekreuzten und ungekreuzten Sehnervenfasern im corpus geniculatum externum». La découverte que les projections des moitiés de rétine homonymes dans les couches du corps géniculé externe (latéral) se terminent de manière alternée fut d’une importance historique pour la compréhension de la vision binoculaire [
56].
Tout aussi remarquables furent ses recherches sur «Bewegungen und Reflexe des menschlichen Fötus während der ersten Hälfte seiner Entwicklung» [1924;15(1):239–59/1925;16(1):133–52 et 1925;16(2):266–84].
A l’occasion de la 85e assemblée de la Société suisse de Psychiatrie en 1934 à Berne, il critiqua avec véhémence une loi promulguée en 1933 en Allemagne, dans laquelle les individus atteints de maladie héréditaire étaient décrits comme des «individus généralement dangereux» et qui exigeait la stérilisation des schizophrènes (M. Minkowski: «Diskussionsvotum zum Referat von E. Rüdin», [1935;35:368–71]).Au milieu de la seconde guerre mondiale, M. Minkowski, qui était juif, fut élu à la présidence de la SSN, ce qu’il considéra comme un honneur et «un témoignage impressionnant de sang-froid, d’indépendance d’esprit et de véritable esprit démocratique» [1958;82:94].
En 1954, M. Minkowski fêta son 70e anniversaire.
Parmi les nombreux témoignages de considération dont il fut comblé à cette occasion, il convient de mentionner ici un travail de M. Mumenthaler, alors âgé de 29 ans: «Über die Brachialgia paraesthetica nocturna.
Herrn Prof. Dr. M. Minkowski zum 70. Geburtstag gewidmet»
[1954;74:362–81]. C’était la première publication de M. Mumenthaler dans les Archives suisses.
Le 1er congrès international de neurologie à Berne en 1931
Le premier congrès international de neurologie (CIN) du 31 août au 4 septembre 1931 à Berne fut un grand événement. Il aurait d’ailleurs déjà dû s’y dérouler en 1914, mais avait été annulé en raison de la guerre. 700 à 800 neurologues de 42 nations y participèrent. Dans le 25e volume des Archives suisses, on peut lire combien les préparatifs furent intenses [1930;25:316–26]. B. Sachs, des Etats-Unis, fut élu président du CIN; parmi les vice-présidents, citons le Français G. Guillain, l’Anglais Sir Ch. Sherrington et R. Bing. Le premier CIN fut un grand succès et à son issue, chaque participant reçut en cadeau de la SSN un numéro spécial des Archives suisses de neurologie et de psychiatrie [1931; volume 27, numéro 2]. A la soirée de clôture de la Conférence, on discuta d’ailleurs, sur l’initiative de M. Minkowski, du thème alors hautement actuel «Die Beziehungen der Neurologie zur allgemeinen Medizin und zur Psychiatrie an der Universität und Spitälern der verschiedenen Länder» [cf. 1933;30: 159–77]. M. Minkowski lui-même rappela qu’en Suisse, déjà dans les années 1907–1910 «die Verselbständigung der Neurologie von verschiedenen Seiten mit ernster Argumentation gefordert wurde». Pourtant, il dut admettre en 1931 que la Suisse appartenait à une minorité dans laquelle la neurologie n’avait toujours pas acquis «de place indépendante, officielle, dans le plan des études de médecine» (comme la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, l’Angleterre, la Finlande, l’Espagne et la Hongrie). Il considérait comme d’une haute importance l’«enseignement obligatoire de la neurologie» dans les universités, car il remarquait que cela avait conduit dans de nombreux pays à l’édification de cliniques de neurologie indépendantes (Amérique, Bulgarie, Estonie, France, Hollande, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Tchéquie). En Suisse, il y avait à l’époque seulement deux policliniques de neurologie (Bâle, Zurich). Au CIN de Berne, l’Allemand O. Foerster (1873–1941) s’engagea énergiquement pour cette demande et proposa une résolution qui fut adoptée à l’unanimité.
Table 1.
Liste des rédacteurs en chef.
Table 1.
Liste des rédacteurs en chef.
Tâche internationale
Dès 1917, pendant la première guerre mondiale, P. Dubois exprima sa conviction que les Archives suisses n’avaient pas seulement une tâche nationale, mais qu’elles devaient aussi constituer une plate-forme neutre et libre pour les collègues des pays étrangers en guerre. Dans les années sombres qui précédèrent la deuxième guerre mondiale, les Archives suisses purent en fait jouer un rôle très important sur le plan international. Ainsi, un coup d’œil aux Archives suisses des dernières années précédant la seconde guerre mondiale montre une nette augmentation des contributions étrangères, surtout en provenance d’Europe orientale. Durant la guerre, ces voix étrangères devinrent muettes et les travaux provinrent presque uniquement de Suisse. Mais il est remarquable que la parution des Archives suisses se poursuivit pendant la guerre également et qu’elle n’a pas cessé jusqu’à aujourd’hui.
Après la seconde guerre mondiale et jusqu’à aujourd’hui
Après la seconde guerre mondiale, les contributions de l’étranger arrivèrent à nouveau régulièrement. Comme exemple, citons les nombreuses contributions de B. Roth, chercheur tchèque reconnu dans le domaine du sommeil. Dès 1949, par de nombreux travaux, B. Roth contribua grandement à une caractérisation clinique plus précise et au diagnostic différentiel de maladies telles que la narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique, décrivant notamment aussi la
«Hypersomnie mit Schlaftrunkenheit» (1972) [
57,
58]. Son article
«Beiträge zum Studium der Narkolepsie. Analyse eines persönlichen Beobachtungsgutes von 155 Kranken» parut en 1959 dans les
Archives suisses [1959;84: 180–210]. Il résume ce que l’auteur avait publié deux ans auparavant sous la forme d’un livre complet dans l’ancienne République socialiste soviétique de Tchécoslovaquie. La traduction allemande de cet ouvrage ne parut qu’en 1962, soit trois ans plus tard que dans les
Archives suisses. Il s’agissait alors de la plus grande monographie sur ce thème, qui contenait en plus d’intéressants résultats de recherche issus du monde communiste, sinon peu accessibles aux lecteurs occidentaux. Deux publications ont aussi la valeur d’un travail classique:
«Heredofamilial aspects of narcolepsy and hypersomnia» (avec S. Nevsimalová-Bruhová) [1972; 110:45–54] et
«Narcolepsy and Hypersomnia: Review and Classification of 642 Personally Observed Cases» [1976;119:31–41].
En 1952, le successeur de R. Bing à la rédaction fut le neurologue genevois G. de Morsier (1894– 1982), avec M. Minkowski. G. de Morsier fut directeur de la Clinique universitaire de neurologie de Genève de 1934 à 1964 [
9,
15]. Dans un article très fouillé, il décrivit en 1944 le
«Syndrome acromégalo-épileptique», aussi appelé le
«Syndrome I de de Morsier» (pathologie diencéphalique associée à des anomalies du comportement, des troubles de la sensibilité et un développement sexuel précoce) (
«Pathologie du diencéphale. Les syndromes psychologiques et syndromes sensorio-moteurs», [1944;54:161–226]).
En 1959, non seulement le rédacteur changea, mais aussi transitoirement le nom des
Archives suisses. Sous H. Krayenbühl (1902–1985), rédacteur en chef de la partie neurologique de 1959 à 1971, la revue fut élargie et reçut le nom de
Archives suisses de neurologie, neurochirurgie et psychiatrie (c’est en 1986 que la neurochirurgie disparut à nouveau du titre). En 1937, Krayenbühl avait fondé à Zurich la première clinique de neurochirurgie de Suisse. Avant cela, il fut en formation postgraduée à Londres auprès de Hugh Cairns (1896–1952), un élève de Cushing [
40,
59]. Il reçut l’habilitation en 1941, avec son œuvre standard
«Das Hirnaneurysma», publiée dans les
Archives suisses [1941;47:155–236]. A côté de la neurochirurgie vasculaire, il s’intéressa aussi à la neurochirurgie de l’épilepsie et influença ainsi son élève et successeur M. G. Yas¸argil, qui introduisit plus tard la méthode de l’amygdalo-hippocampectomie [
60].A l’occasion du 70
e anniversaire de H. Krayenbühl en 1972, les
Archives suisses réunirent en un hommage les articles de neurochirurgiens les plus en vue du monde entier, soulignant ainsi la grande considération dont jouissait Krayenbühl sur le plan international. Des 25 travaux publiés dans cette édition, nous en mentionnons au moins quelquesuns: W. Penfield (Montréal):
«All Hail to a Master Neurosurgeon» [1972;111:221–2]; P. Bucy et T. Stilp (Chicago):
«Metastatic Choriocarcinoma of the Brain» [111:237–42]; R. Hess:
«Das Elektroenzephalogramm nach Entlastungsoperationen bei erhöhtem intrakraniellem Druck» [111:285–97]; T. Rasmussen, G. Mathieson, F. Le Blanc (Montréal):
«Surgical Therapy of Typical and a Forme Fruste Variety of the Sturge-Weber Syndrome» [111:393–409]; E.Tolosa (Barcelone):
«Hematomas of the Brain Stem. Case Report» [111:447–52]; M. G. Yas¸argil:
«Die klinischen Erfahrungen mit der Mikrotechnik» [111:493–504]. Rappelons ici que les débuts de la neuropsychologie à Zurich sont également dus à H. Krayenbühl.
De 1971 à 1988, G. Baumgartner (1924–1991) fut rédacteur (sans avoir cependant jamais publié lui-même dans les
Archives suisses). G. Baumgartner (directeur de la clinique et policlinique de neurologie à Zurich de 1967 à 1991) fut déjà célèbre dans ses jeunes années (dès 1952) par ses travaux électrophysiologiques sur le système visuel. Parmi ceux-ci, la découverte (avec R. Jung) de cellules corticales qui réagissent à la stimulation des deux yeux fut une contribution de pionnier dans le domaine de la neurobiologie de la vision binoculaire [
61,
62].
Son successeur à la rédaction fut H. P. Ludin de 1988 à 1995. Depuis 1995, le rédacteur en chef pour la partie neurologique est A. J. Steck de Bâle, d’abord avec F. Regli de 1995 à 1998, puis avec J. Bogousslavsky depuis 1998, tous deux de Lausanne.
Entretemps, la Maison d’édition a aussi changé plusieurs fois. Jusqu’en 1992, les Archives suisses restèrent fidèles aux éditions Orell Füssli à Zurich, puis vinrent pour deux ans aux éditions Zürichsee-Verlag, pour se tourner ensuite de 1994 à 1997 vers la maison d’édition bernoise J. Bäbler. Depuis juin 1997, les Archives suisses paraissent aux Editions Schwabe à Bâle.
Annexe
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1920;6(2): 276–94.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1923;12(1): 105–35.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1923;13: 61–76.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1923;13: 187–93.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1923;13: 313–24.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1923;13: 428–39.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1923;13: 568–74.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1927;21(1): 43–72.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1941;47: 155–236.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1943;50(1): 88–92.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1944;53(2): 169–86.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1952;68(2): 342–70.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1952;69: 213–35.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1959;84: 180–210.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1960;86: 34–48.
Archives suisses de neurologie et de psychiatrie 1975;116(1): 7–16.